Economie et Politique

Loups, éoliennes, barrages, Bosch… questions à Jean-François Galliard 

A l’occasion de la journée de l’Aveyron du Salon de l’Agriculture, le président du Conseil Départemental a répondu à nos questions sur les loups en Aveyron, le transformateur de Saint-Victor lié aux éoliennes ou encore l’avenir de l’usine Bosch de Rodez, premier employeur privé du Rouergue.

Interview donnée le 28 février.

Le problème  du loup en Aveyron, semble pour l’instant sans solution…

Je n’ai pas de rôle direct mais avant l’enquête sur le loup, j’avais déjà écrit au Premier ministre pour souligner qu’il ne s’agissait ni d’un problème agricole ni d’un problème d’environnement mais d’un problème sociétal. Dans le sud Aveyron qu’on le veuille ou non, les agriculteurs craignent le loup. Dans ma commune de Nant, certains ont eu leurs bêtes égorgées.
Le loup dérègle le monde agricole et par ricochet, l’activité touristique à partir du moment où par exemple des vacanciers s’interrogent  de savoir s’ils peuvent partir en balades avec des enfants sur le Larzac.

loup piégé par un appareil photo à Séverac d’Aveyron

Ce que j’ai suggéré au Premier ministre, c’est que les décisions de prévention et de riposte soient prises au plus près du terrain. Par la préfète en l’occurence, entourée par les responsables et les élus.
Car si on reprend les conclusions de l’enquête INRA sur le loup, notamment sur les clôtures, les paysans n’ont pas les moyens de clore des centaines d’hectares. De plus, cela risquerait de défigurer les paysages alors que la zone des Causses est classée Unesco.
Je ne sais pas comment on va faire. Je pense à cette phrase de Camus quand on lui a remis le prix Nobel de littérature, il évoquait sa mère et les attentats dans les tramways pendant la Guerre d’Algérie. Il avait répondu en substance : « entre la justice et ma mère, je choisirai ma mère. » Moi entre les deux je choisirai mes agriculteurs… Si je devais aller jusqu’à là.

Autre crispation en Aveyron, les éoliennes et notamment les oppositions au projet de transformateur de Saint-Victor où des zadistes s’opposent au chantier de construction  ?  

Cela m’interroge de la part de ceux qui sont contre. Même si je ne me prononce pas sur la décision de Notre-Dame des Landes qui n’est pas mon problème. On peut comprendre que des opposants écologistes se soient élevés contre un projet d’aéroport. Que l’on soit pour ou contre, c’est un autre sujet. Mais dans le cas des éoliennes, on est vraiment dans l’économie durable et on a des personnes qui sont contre un transformateur. Mais une éolienne sans transformateur ne peut pas fonctionner.

 

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Justement à propos de l’énergie, il y a aussi le marché des barrages qui risque de s’ouvrir ? 

Les négociations sont en cours à Bruxelles pour allonger la durée des concessions des barrages. C’est une proposition française, même si le débat m’échappe un peu.  Si on allonge la concession, on garderait les mêmes équipes. Enedis est bien intégré dans le paysage et a une réflexion positive quant à la participation à la vie du département.


L’horizon du département s’obscurcit avec la mise en question du diesel qui impacte directement l’avenir de l’usine Bosch de Rodez, premier employeur privé d’Aveyron ? 

C’est une préoccupation liée à l’évolution du diesel. Pour la première fois, les achats de voitures diesel sont passés au-dessous des 50%. Quand on parle avec des ingénieurs spécialistes du diesel, ils expliquent aujourd’hui que ces moteurs ne sont pas plus polluants que les autres. Débat de spécialistes.
Avec Mme la Préfète nous avons reçu les dirigeants de Bosch. D’après ce que nous avons compris, on s’aperçoit que l’effort qu’ils demandent aux salariés est rude en termes de chômage partiel notamment. Actuellement, il y a deux chaînes qui fabriquent des gicleurs. A terme, il n’y aurait plus qu’une chaîne qui serait laissée en l’état, l’autre ne serait pas remplacé. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a demandé à Bosch de faire un effort.
Nous avons obtenu du ministre le principe d’une réunion avec lui à Paris entre les salariés de la Bosch, le maire de Rodez et le président de l’ « Agglo » directement concerné, le maire d’Onet le Château, le département et les cinq parlementaires du département.
Je n’ai pas de solution. Face à des stratégies mondiales d’entreprise, quel est notre poids ? Le positif vis-à-vis des dirigeants de Bosch, c’est l’unité des Aveyronnais. On marche tous dans la même direction.