Artisanat - Industrie

Construction des barrages dans les années 30

L’ALBUM DU DOCTEUR GONDAL : UN REGARD D’AVEYRONNAIS
I – LE BARRAGE DE SARRANS 1933

De quoicanotier s’agissait-il ? Dans les années trente du XXè siècle, en un temps où le Rouergue n’était plus qu’une terre reculée tout juste bonne à envoyer des bougnats à Paris, on en vint à le considérer sous un autre œil lorsque l’on prit en compte son potentiel hydroélectrique, notamment avec la fougue de la rivière Truyère qui se jetait dans le Lot. C’était de l’énergie qui dévalait des plombs du Cantal et des massifs d’Auvergne vers le Lot. Il fallait la dompter, quitte à noyer villages et pâturages. A l’époque, les riverains étaient moins contestataires qu’aujourd’hui et les ingénieurs tout puissants.

Barrage de Sarrans 1933
sarrans_1932
La construction du Barrage de Sarrans sur la rivière Truyère à partir de 1932, à l’époque le plus grand de France, fut un véritable électrochoc pour les pays d’Aubrac et de Carladez. Il allait être suivi par d’autres barrages (Montézic, la Selve). Alors que des générations avaient déserté cette terre du nord Aveyron, qui ne pouvait nourrir les nombreuses fratries, il fallut faire venir de la main d’œuvre d’Espagne, du Portugal ou d’Italie.
A l’époque, son édification fut une gigantesque opération dans ce nord-Aveyron, si désert et secret jusqu’alors. Ce Barrage de Sarrans fut le premier acte d’une transformation profonde du paysage aveyronnais. Aujourd’hui, le lac de Sarrans évoque un fjord Aveyronnais.

(pour plus de détails sur cette époque, on lira le témoignage de deux témoins : celui de Jo Petrucci, fondateur de l’Ambassade d’Auvergne et celui d’Ernest Vervier, doyen de Thérondels)
Lire également le dossier sur les barrages de la Truyère.

laussac_pecheur

Au loin, on aperçoit la presqu’île de Laussac, le reste du village vient d’être englouti.
L’eau du barrage de Sarrans n’a pas encore recouvert la cime des arbres ce qui ne semble pas gêner ces pêcheurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le témoignage d’Ernest Verdier sur la construction du barrage de Sarrans

Ce Jeune Thérondelois de 95 ans a vu ses terres immergées par les eaux du barrage de Sarrans édifié en 1934.
«On en parlait déjà avant la guerre de 14. Ils nous ont noyé deux hectares, pour 1600 francs d’indemnité. C’était pas cher payé. Mais beaucoup de maisons ont été noyées à l’époque, la compagnie d’électricité s’occupait alors de les reloger ailleurs.
C’était l’ingénieur (M.Drogo) qui avait choisi ce coin de Sarrans car il y avait de chaque côté des rochers où le barrage pouvait s’encastrer.
Avec la construction du barrage de Sarrans, il y a eu dans le pays des étrangers venus de tous les pays. Sur la route de Sainte-Geneviève, il y avait un camp où logeaient trois mille ouvriers. Avec mon beau-frère, nous démarchions les cantines pour vendre le cantal que l’on pressait dans le buron. Le marchand de vin descendait chaque jour au chantier huit barriques de vin. Après l’achèvement, du barrage nous avons eu deux Serbes à la ferme qui nous ont aidé à construire la grange. Ils savaient travailler.»

 

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