Art de vivre

L’Aveyron au cœur du prochain dossier du patrimoine immatériel de l’Unesco

Unesco

La France doit proposer à l’Unesco un dossier pour l’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Elle ne peut en proposer qu’un tous les deux ans. Or deux sujets concurrents sont en pointe. Les auditions ont eu lieu le 28 janvier.

L’un tourne autour de la ganterie de Millau. Il est soutenu et incarné par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Pays de Millau présidée par le gantier Olivier Fabre.

L’autre, moins aveyronnais sur le plan du territoire, l’est autant sur le plan de l’âme rouergate puisqu’il s’agit de l’art de vivre lié aux bistrots et cafés de France. Sujet historique et souvent encore très actuel pour bien des Aveyronnais du nord  et notamment originaires de l’Aubrac, impliqués dans le CHR parisien. A croire qu’en Aveyron, on en revienne toujours à la dichotomie Nord/Sud.

Pour couronner le tout, c’est une originaire du pays de Decazeville, Delphine Christophe, ancienne élève des Chartes, nommée en novembre 2025 Conservatrice générale du patrimoine, qui devrait superviser l’instruction des dossiers candidats. On notera qu’elle en connait un rayon sur les cafés auxquels elle s’est longtemps intéressée puisqu’elle est l’autrice d’un beau livre paru en 2004 intitulé « Paris et ses cafés ».

La question à laquelle il semble difficile d’obtenir une réponse est de savoir qui prendra la décision finale pour le choix du dossier français. Derrière l’aspect purement culturo-administratif, difficile de croire qu’il ne pourrait pas s’y glisser un soupçon de politique dans ce choix. 

Pour Olivier Fabre, la balle est dans le camp du Ministère de la Culture. Cela ne fait aucun doute… « En juillet, lorsque Rachida Dati est venue en Aveyron, elle s’est engagée à ce qu’on soit le prochain dossier proposé par la France à l’Unesco et je la crois » assure le gantier. Même si la ministre s’est plutôt montrée plus floue dans sa réponse ultérieurement. Il faut dire qu’elle est aussi candidate à la Mairie de Paris qui compte quelques cafés aveyronnais …

Justement du côté de l’Association pour la reconnaissance de l’art de vivre dans les bistrots et cafés de France en tant que patrimoine culturel immatériel, on rappelle le soutien public exprimé récemment par le Président de la République lors de la galette des rois à l’Elysée. Le 20 janvier, à l’initiative de l’ancienne Ministre du Tourisme Olivia Grégoire, un colloque intitulé « Cafés et Bistrots : Un patrimoine français à sauvegarder a fait salle comble à l’Assemblée Nationale. Un livre de soutien à la démarche a été proposé à la signature de tous les députés …

On devrait en savoir plus en mars sur la préférence française avant que le dossier ne soit instruit par l’Unesco. On n’a sans doute pas fini d’en entendre parler. 

Des gants contre l’IA et l’effondrement de l’AMOC

Bon point pour les gants de Millau ! Avec l’IA qui va laminer les perspectives d’emploi des jeunes diplômés -comme on l’observe déjà USA- l’artisanat pourrait retrouver ses lettres de noblesse en France et séduire un plus grand nombre de consommateurs ou de personnes à la recherche d’un travail avec du sens. 

Plus hypothétique et glaçant les perturbations de l’AMOC ((Atlantic Meridional Overturning Circulation), ce courant des eaux chaudes dans l’Atlantique qui nous assure un climat tempéré. Son effondrement, identifié comme point de bascule climatique par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pourrait générer des hivers à moins 30°. Les gants pourraient bien redevenir tendance…

ou

un bistrot anti-Trump ?

Est-il besoin de le souligner ? Dans la nouvelle rivalité plus rugueuse qui croît entre les deux rives de l’Atlantique générée par le comportement irrationnel de Donald Trump, un petit bistrot reconnu par l’Unesco comme symbole de l’art de vivre français ne ferait pas de mal face à l’uniformité des grandes chaînes américaines. Façon de souligner que McDonald’s a beau être le premier restaurateur de France, la guerre n’est pas terminée et qu’il faudra bien donner aux millions de jeunes sur le point de devenir obèses  d’autres perspectives que le big mac.