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Bertrand Delanoë, nouveau membre de l’Académie du Couteau de Laguiole

Se retrouver quarante ans plus tard à côté d’un vieux copain devenu maire de Paris. Le scénario ferait saliver plus d’un producteur d’émission dite “people”. L’Académie du Couteau de Laguiole (ACL) l’a mis en scène le 12 décembre 2003 sous les lambris des grands Salons de l’Hôtel de Ville.

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Gérard Boissins, (ci-dessus) fondateur de la Forge de Laguiole, n’a pas boudé son plaisir puisqu’il était l’un des trois potes -mais pas l’un des plus anciens – d’un Bertrand Delanoë heureux de devenir membre de l’académie du Couteau de Laguiole. «Lorsqu’il y a vingt ans, je relançais l’activité coutelière à Laguiole, je n’aurais jamais imaginé que je me retrouverai à la Mairie de Paris…», a lancé le patron de la Forge dont c’était sans doute l’un des derniers moments de gloire à la tête de l’entreprise. Puisque quelques jours plus tard, le 29 décembre 2003, on devait apprendre qu’il avait vendu la Forge à Bernard Divisia, ancien pdg du groupe Robert Clergerie, spécialisé dans la maroquinerie, les accessoires et les chaussures de luxe. Coup de tonnerre, dans le landerneau économico-aveyronnais, puisque la Forge de Laguiole était l’une des entreprises emblématiques de l’identité aveyronnaise et le partenaire indissociable de l’ACL dont elle forgeait tous les couteaux millésimés. (en savoir plus sur la vente de la Forge).

«C’est l’occasion de dire en tant que maire de Paris, ce que la Capitale doit aux Aveyronnais. Honorer l’Aveyron, c’est faire quelque chose de juste et d’agréable… La terre aveyronnaise est belle et les Aveyronnais sont attachants…»

Quant à Delanoë, devant tant de vieux visages familiers et de mains tendues, il engueulait son entourage. «Comment tu as essayé de me joindre et on ne m’en a rien dit…» L’assistance présentait un beau casting d’Aveyronnais de Paris. On pouvait voir un Gilbert Costes, encore président d’un Tribunal de Commerce de Paris pour quelques semaines et quelques patrons de belles affaires parisiennes tels André Damon du Petit Journal. Des patrons qui pour certains, avaient connu Bertrand Delanoë à un moment où celui-ci n’était qu’un conseiller municipal qui distribuait des médailles au troisième âge dans le XVIII e arrondissement.

 

Delanoë, le Bizertin aveyronnais qui défend la terre aveyronnaise

Cette intronisation a été l’occasion pour le maire de Paris de tenir un discours au pied levé à se faire pâmer tout Aveyronnais. Un discours puisé à la veine “on ne dira jamais assez ce que Paris doit aux Aveyronnais (lire page 3 quelques morceaux choisis). «Honorer l’Aveyron, c’est faire quelque chose de juste et d’agréable».
Peu de départements peuvent en dire autant. Un discours sur la terre et les racines «Si je ne suis pas d’Aveyron, je ne suis rien, moi le Bizertin avec un nom breton, un grand-père anglais…» Sans s’en rendre compte, pris dans son émotion aveyronnaise, le discours de Bertrand Delanoë avait presque parfois des thèmes maréchalistes type “la terre ne ment pas“. Il était en tout cas totalement en phase avec les belles peintures symboliques ornant les plafonds des salons de cet Hôtel de Ville. Peintures, telles le laboureur et ses bœufs, encensant les vertus agrestres face à la ville rouge et communarde capables des pires dévastations…Les Communards n’avaient-ils pas incendié l’Hôtel de Ville en 1871 …

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