Artisanat - Industrie

Enquête IG couteau laguiole : Interview d’Honoré Durand, président du Syndicat des Fabricants Aveyronnais du Couteau de Laguiole

Pourquoi cette enquête maintenant alors que le dossier ne semble pas avoir progressé depuis cinq ans ?

Nous avons remis en fin d’année le dossier à l’INPI qui l’a mis en enquête publique le 29 janvier. Elle devra se clore 28 mars.  Il n’y a pas de loup. Simplement, nous sommes des chefs d’entreprises avec une forte fréquentation touristique de mai à décembre, toujours à courir après le temps. Or monter un tel dossier, c’est long et compliqué. On a dû se réunir  deux ou trois fois par an. Nous sommes tous sur la même longueur d’ondes sur le produit et l’idée d’un couteau laguiole de qualité. 

Dans le cahier des charges d’IG Couteau de Laguiole quel sera le point le plus sensible à respecter ? 

Le plus compliqué, c’est qu’on s’est imposé de tout faire sur la zone -soit l’Aubrac nord Aveyronnais. Cela veut dire par exemple que nous n’avons pas de découpe laser. Pour l’instant, on fonctionne à l’ancienne avec des presses à découper et des matrices alors que la découpe laser a beaucoup d’avantages. Seul un prestataire y recourt mais il est sur Rodez, hors de la zone géographique. Donc on s’est ôté la possibilité de recourir à ce prestataire et à cette technologie qui permet beaucoup plus de créativité. Pour y recourir, il faudra que l’équipement laser se situe sur la zone. L’éventuelle mutualisation d’un investissement pour cet équipement fait l’objet d’une réflexion.

Que va-t-il se passer après le 28 mars, date de clôture de l’enquête ? 

Après le 28 mars l’INPI aura deux mois pour donner son avis. 

Mais quid si les couteliers de Thiers venaient à déposer leur dossier à l’INPI en avril ? 

L’INPI fera son travail mais la loi interdit qu’il y ait deux IG donc il y en aura une ou pas du tout. Moi j’attends de voir si Thiers va déposer son dossier. 

Lire aussi