pays ruthénois

Rodez, le piton d’ancrage de l’Aveyron

La cité historique de Rodez avec ses 24 000 habitants concentrés sur sa colline bénéficie de l’image d’une belle ville à la campagne. Avec ses huit communes voisines, l’agglomération du Grand Rodez compte 55 000 habitants. Très loin des grandes métropoles régionales voisines comme Toulouse et Montpellier, mais ne dit-on pas que “Small is Beautiful” ?

Paradoxalement, à l’image de l’Ile-de-France dans l’Hexagone, le “Grand Rodez” concentre une grosse partie de l’activité et de la richesse de l’Aveyron. Au point d’en devenir presque un déséquilibre sérieux pour l’économie aveyronnaise. C’est aujourd’hui le principal bassin d’emploi d’Aveyron avec des secteurs comme la santé, la formation, le commerce, l’agroalimentaire (laiterie, fromagerie, transformation de la viande), la filière bois-meuble ou encore l’usine d’injecteur Bosch. Premier fournisseur mondial d’injecteurs diesels et principal employeur avec près de 2000 employés même si les faiblesses du marché automobile en inquiètent plus d’un.

L’embouteillage du matin et du soir autour de la rocade ne saurait faire oublier que les Ruthénois profitent d’une qualité de vie bien supérieure à d’autres villes françaises. Les Ruthénois prennent le temps de vivre. A 20 km, les lacs de Pont-de-Salars et de Pareloup offrent les plaisirs de la baignade, de la rame, de la voile, du ski nautique et du bateau à moteur. Et dans le classement du taux de criminalité pour 1 000 habitants, Rodez est placée au 120e rang des villes de 25 à 50 000 habitants, entre Montceau-les-Mines (71) et Wittenheim (68).

On comprend donc pourquoi l’achèvement de la liaison 2 fois 2 voies avec Albi s’avère chaque année plus urgente. D’autant que la liaison ferroviaire, elle, n’a cessé de se dégrader et que la liaison aérienne -en tout cas avec Paris- demeure l’une des plus onéreuse de l’Hexagone réservée plutôt aux élus et hommes d’affaires qu’aux touristes. Ce à quoi il faut ajouter que Ryanair a mis un terme à la liaison avec Londres.

Cathédrale de Rodez

Cathédrale de Rodez

Et puis, il y a la vieille rivalité avec Albi la Tarnaise inscrite au Patrimoine Mondial par l’Unesco en 2009. Un an plus tard, le maire de Rodez, Christian Teyssèdre, se fixe comme objectif de voir Rodez y parvenir d’ici 2020. Hélas ! En 2012, un comité d’experts a douché les espoirs de la municipalité sur les chances de décrocher le label dans les 10 ans. Pas facile de gommer en dix ans, 40 ans d’urbanisation et d’architecture sans cohérence. Si les vieux quartier du Bourg a conservé son caractère historique certain et ont profité d’un bel aménagement, il n’en va pas de même de tout le pourtour du piton. L’urbanisation et les constructions se sont faites sans cohérence des 30 glorieuses avec un impact visuel pas toujours heureux. Difficile dans ces conditions de prétendre au classement au patrimoine mondial dans l’Unesco…dans les 10 prochaines années.

 

 

Mais Rodez a une autre carte à jouer en matière d’art contemporain. C’est celle du Musée Soulages  inauguré par François Hollande en mai 2014 qui a bien des chances de devenir un des principaux points d’attraction d’Aveyron. Avec 250 000 visiteurs dès la première année.

Ls 25 millions d’€ dans sa construction en pleine crise ont pu donner des sueurs froides aux contribuables. Il leur suffira de penser à l’impact de ce musée dans une génération. Quand on connait la vénération qui entoure l’œuvre de Soulages, il n’y a pas raison de douter. Ses vitraux à Conques n’ont pas peu fait pour relancer l’intérêt pour l’abbatiale. Et il suffit de se pencher sur les polémiques qui ont émaillé dans les années 1920 la construction du musée Toulouse-Lautrec à Albi -devenu l’un des principaux sites de Midi-Pyrénées- pour regagner de l’optimisme.

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