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Les leçons de bourrée des Petits Parisiens de Raymonde Raynaldy

 

raynaldi_BMA l’heure du rap et de la techno, certains enfants répètent leurs pas de bourrée et tapent du pied bien fort au son de la cabrette …

Maintenir vivace la flamme du folklore et la culture des anciens implique de l’inculquer très tôt aux enfants.
A Paris, ce n’est pas si facile. Il faut être tenace et constant comme ces parents aveyronnais qui, chaque samedi, conduisent leurs enfants, âgés parfois de trois ans, aux leçons de bourrée de Raymonde Raynaldy.
Cette personnalité du folklore rouergat dirige, depuis près de quinze ans, les cours du samedi, rue Traversière, dans les locaux de la paroisse Saint-Antoine.

Pour expliquer sa motivation à maintenir vivantes les traditions en s’appuyant sur les enfants, Raymonde cite en exemple le cas du folklore alsacien, moribond :

 

« Comme on ne s’est pas soucié de l’enseigner aux enfants, plus aucun groupe n’est capable d’animer un banquet alsacien. Il reste seulement les disques. »

Parents et enfants viennent parfois de la lointaine banlieue par RER pour assister aux répétitions du samedi. Une maman venue de Seine-et-Marne reconnaît elle-même que son dévouement « frise la religion ».
Les jeunes de 3 à 15 ans ne cachent pas leur plaisir à profiter de ces leçons dans une ambiance familiale.

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A l’heure du rap et de la techno, on les sent heureux de répéter leurs pas de bourrée et de taper du pied bien fort au son de la cabrette de l’Espalionnais, Yannick Rousseau et de l’accordéon de Marie-Christine.
Les positions et les voltes sont enseignées avec patience par Régine Raynaldy, fille de Raymonde, qui a elle-même fondé son propre groupe.
Les enfants, eux, font partie du groupe folklorique de Raymonde Raynaldy, La Bourrée Montagnarde.
Présidé par Jean-Pierre Vic, patron de la Guinguette Auvergnate de Villeneuve- Saint-Georges, la Bourrée Montagnarde se produit en costume local lors des banquets d’amicales.
Ces soirs-là, les parents sont encore de service. Ils doivent accompagner et récupérer les enfants.
Mais La Bourrée Montagnarde n’est pas la seule à maintenir vivante la tradition du folklore auvergnat et rouergat, d’autres groupes accueillent également les enfants comme Les Pastres ou Lou-Beilero.
C’est cette avant-garde qu’on estime à 600 enfants sur l’Ile-de-France qui a assuré le passage du témoin du folklore au XXIe siècle.

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Raymonde Raynaldy, marraine de la Bourrée Montagnarde

Raymonde Raynaldy (ci-contre à gauche lors du Marché de Bercy d’octobre 2006) est peut-être née à Paris mais c’est le sang du Rouergue qui coule dans les veines de cette originaire de Florentin-la- Capelle, non loin d’Espalion.
Descendue au pays des ancêtres durant l’Occupation, elle remonte seule à Paris à 18 ans, munie de son baluchon pour se faire une situation.
En quarante ans de vie professionnelle, elle en a vu beaucoup dans la capitale et sa banlieue.

Après avoir débuté à Châtillon, elle a travaillé dans les bistrots de la rue Saint-Denis, avec le ventre de Paris tout proche et ses femmes de petite vertu qui officiaient à la chaîne.
Ensuite, elle a vu la banlieue s’ériger et se durcir du haut de la caisse de son bureau de tabac à Romainville en banlieue nord. « On avait pas mal de gitans », explique-t-elle malicieuse.
Rien ne l’atteint, son moral est inébranlable. Quand ses gamins la voient, ils se jettent à son cou.

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