Agriculture

Filière porcine : recherche de la qualité mais inquiétudes sur un développement incontrôlé.

L’Aveyron est le 1er département de Midi-Pyrénées pour son cheptel porcin et se classe en treizième position au niveau national. Pourtant, il n’y a pas de quoi pavoiser… Le cheptel est en voie de réduction et les petites porcheries ferment les unes après les autres.

La Chambre d’Agriculture assure vouloir  relancer la production départementale. Et fidèle à sa démarche assure s’appuyer sur les signes officiels de qualité.

Dans les faits, c’est un peu plus contrasté. Ainsi en va-t-il quand, en septembre 2010, elle appuie un projet d’extension d’une porcherie de 5000 têtes à Brasc en Sud Aveyron. Ses porcs ne sont pas destinés aux salaisonniers rouergats, mais au groupe Carrefour et à la filière Jambon de Bayonne. Rien d’étonnant à cela , dans le cahier des charges de cette IGP (Indication Géographique Protégée), l’Aveyron est l’un des 22 départements à pouvoir fournir le jambon de Bayonne qui  aurait dû s’appeler jambon du Sud ouest… Bref, des porcheries géantes aveyronnaises pour engraisser Carrefour et participer à la réputation du jambon de Bayonne on peut comprendre qu’en Aveyron, ça tousse un peu … (Lire l’article)

Depuis ces dernières années, en Aveyron, d’autres projets de porcheries industrielles ont vu le jour. Mais ils ont rencontré une forte opposition parmi une grande partie des riverains craignant des infiltrations de lisier comme c’est aujourd’hui le cas en Bretagne. On remarquera toutefois qu’avec 12 porcs au km2 contre 300 à 400 en Bretagne, on est encore loin de la saturation. Du coup, périodiquement, des projets de redéploiement des filières porcines vers le Rouergue et les départements voisins mûrissent ici et là.
Ainsi en 2001, la population de Combret sur Rance est parvenue par exemple à entraver l’extension d’une porcherie industrielle.. A ce rythme, il y aura bientôt plus de cochons que d’hommes en Aveyron. Bref, une fois de plus, les discours sur la traçabilité des professionnels devront être validés par les faits.

Lacaune a beau se trouver dans le Tarn, le succès de son jambon, conditionne la santé économique de nombre d’éleveurs de porcs aveyronnais. Le jambon de Lacaune est concurrent de l’incontournable jambon de Bayonne. La zone de Lacaune fournit 15% du jambon sec en France et 8% des saucissons secs. Après avoir butté sur la mise en place d’une AOC Jambon de Lacaune, les professionnels se sont retournés vers une IGP. Le dossier suit son cours.

 

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