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Viaduc de Millau, le choix du multihaubané ?

En 1987, on lance les travaux de l’A 75 entre Clermont-Ferrand et Béziers. Long de 340 km, l’A 75 doit désenclaver le sud du massif central et soulager le sillon rhodanien grâce à un report du trafic routier à destination de l’Espagne. Sa principale caractéristique est d’être gratuite. Ce que ne manque pas de relever les automobilistes qui, au fil des années, vont l’emprunter toujours plus nombreux pour se retrouver bloqués à Millau dans un vaste bouchon le jour des grands chassés croisés.

Quatre tracés étudiés.
Pas facile d’aborder Millau lorsque l’on est une autoroute.
Les ingénieurs ont cogité : sur les quatre tracés étudiés à partir de 1989, c’est le tracé médian par l’ouest de Millau qui est retenu pour relier le Causse Rouge au Causse du Larzac.

Encore faut-il choisir entre deux variantes pour le franchissement du Tarn, entre une solution haute surplombant le fleuve à plus de 200 mètres grâce à un viaduc long de 2500m, ou une version basse impliquant le franchissement du Tarn grâce à un ouvrage long de 600 mètres puis un viaduc de 2300 mètres prolongé par un tunnel afin d’atteindre le Larzac. C’est la première variante qui l’emporte car moins onéreuse.

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Les différents projets de maquette exposés désormais à l’air du Viaduc

Alors qu’une compétition internationale est lancée entre cinq familles de solutions, en janvier 1995, le viaduc de contournement est déclaré d’Utilité Publique. A l’époque, on parle d’un achèvement en 2001… Le projet de viaduc Multihaubané défendu par l’architecte anglais Norman Foster l’emporte.
Reste à passer à la concrétisation. L’Etat toujours impécunieux se voit mal sortir les deux milliards nécessaires. Alors ? On recours alors à un montage redevenu à la mode dans le BTP, la concession où un groupe privé construit puis exploite l’ouvrage durant une durée fixée à l’avance pour se rembourser.
C’est la solution Eurotunnel (pas toujours très heureuse pour les actionnaires…) En fait, sur une vision millénaire, un pont à péage, cela n’a rien de très nouveau en Aveyron.

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Tous ses jolis ponts médiévaux étaient l’objet d’un péage et de revenu pour le seigneur local. De là, à dire qu’Eiffage est le nouveau seigneur de Millau, il y a un pont….à ne pas franchir.

Les fils spirituels d’Eiffel
En octobre 2001, le groupe Eiffage est choisi. Ses hommes ont défendu une solution où l’acier prédomine notamment avec le tablier. Leur père spirituel, Gustave Eiffel, ingénieur d’un autre viaduc bien connu, celui de Garabit, doit apprécier cette confiance renouvelée dans l’acier. On s’en tient à une livraison de l’ouvrage pour 2004, date politique, mais mieux vaut tabler sur une mise en service début 2005. Le concessionnaire n’a pas de temps à perdre car qui dit retard dans la mise en service, dit manque à gagner.

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