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François Fabié, chantre du Rouergue

C’est le poète sacré des Aveyronnais. Des générations entières ont appris par cœur les vers de François Fabié tirés notamment du Clocher de Rodez ou des Genêts. Un colloque va se tenir à l’Assemblée Nationale en son honneur, le 12 avril 2008, pour fêter le centenaire du départ de Paris du poète Aveyronnais.

François Fabié est un natif du Ségala. Il naît à Durenque en 1846. C’est là qu’on trouve sa maison natale, son moulin de Roupeyrac -magnifiquement restauré-, où il a passé son enfance. Ce fut la période la plus heureuse de sa vie avant la première rupture, le départ au collège de Rodez, première station d’un exil éternel, qui se poursuit même dans la tombe puisque François Fabié repose dans le Var, le pays de son épouse. Quoi qu’il en soit, il gardera toute sa vie l’image d’un Rouergue idéalisé avec sa nature foisonnante qu’il ne cessera d’invoquer tout au long de son œuvre.

Ô clocher de Rodez, qu’on voit de trente lieues !
Toi qui, par le ciseau de nos aïeux sculpté,
Au-dessus du sommet où leur foi t’a planté,
Jaillis à trois cents pieds dans les régions bleues !
Comme l’ambre des monts, tu vibres dans le vent ;

Reçu premier à l’école normale de Rodez, il intègre ensuite l’école normale de Cluny grâce à une bourse. Il est nommé à Toulon comme professeur. C’est là qu’il rencontre son épouse et qu’il sera enterré. Deux filles naissent, de ce mariage, l’une meurt en bas âge, l’autre à vingt ans. Il est ensuite nommé à Paris, professeur au lycée Charlemagne.

Ce chantre du Rouergue -qui écrit en Français- dans une troisième République triomphante et centralisatrice n’a pas été moqué ni ignoré par ses contemporains. Au contraire, ses pièces ont été jouées à l’Odéon par les grands comédiens de l’époque. Et il a publié huit recueils chez Alphonse Lemerre, l’éditeur des poètes Parnassiens tels que François Coppée ou Leconte de Lisle. A côté de sa renommée littéraire, ce fils de paysan a fait une carrière exceptionnelle au sein de l’Éducation Nationale, finissant comme directeur d’école.

Aujourd’hui que reste-t-il de Fabié ? Car il faut bien l’avouer, au-delà des cercles Aveyronnais, le père Fabié est peu à peu tombé dans l’oubli. Dommage et injuste pour un auteur dont la prose sur son enfance en Rouergue parle aussi bien d’un univers rural proche de la nature aujourd’hui disparu, que celle d’un Pagnol. Ainsi cette réhabilitation en cours est bien venue. Elle n’est pas sas rappeler celle d’un autre grand auteur Aveyronnais, l’Abbé Raynal. Lui aussi a marqué son époque et tombé depuis dans l’oubli jusqu’à ce qu’il est été remis en lumière grâce au travail d’Aveyronnais tenaces. A croire que l’enclavement du Rouergue n’est pas que géographique mais aussi historique et littéraire. Alors Raynal, Fabié même combat ?

Lire l’interview de Rémi Soulié, vice-président de l’Amitié François Fabié.