Portraits

Interview de Paul de la Panouse fondateur du parc de Thoiry

 

Paul de la Panouse au volant dans le parc de Thoiry

Vous aviez rencontré de sacrées déconvenues en Aveyron avec le parc du château du Colombier ?
En 1999, nous avons eu une suspension d’autorisation d’ouverture huit jours avant la date. L’association d’opposants écologistes prétendait que nous allions « cochonner » le Rouergue. C’était juste pour se faire de la pub. Trois ans plus tard, nous obtenions le label Jardins Remarquables. Au bout de dix ans, nous avons gagné toutes nos procédures. Ils ont été condamnés à 700 € de dommages et intérêts et nous avions entretemps perdu 1 million d’euros..

Justement, où en êtes-vous de vos projets en Aveyron ?
Nous sommes en transition. Nous allons d’abord faire classer le château du Colombier. Puis investir dans un nouveau produit touristique plus adapté. Ce ne sera pas la même présentation. Je viens plus souvent en Aveyron pour réactiver mes réseaux mais c’est compliqué. Vous avez des parcs entièrement subventionnés comme Micropolis qui perd de l’argent. C’est comme en Ile-de-France avec la concurrence du Zoo de Vincennes dont la rénovation a coûté près de 200 millions d’euros. Soit quasiment 20 ans de mon chiffre d’affaires… Et c’est un échec total. Ils espéraient 2 millions de visiteurs, ils en sont à 450 000…

En Aveyron, pays d’éleveurs, le débat sur le loup fait rage. Comment vous situez-vous ?
Ce sont les chiens errants qui tuent le maximum de moutons. Pas les loups. On en a l’expérience au parc de Thorenc près de Grasse. Le loup peut très bien cohabiter avec l’homme. Regardez nos voisins italiens. Dans les Abruzzes, ours et loups n’empêchent pas les 2 millions de touristes de venir. Pendant que les bergers sont avec leurs moutons et les protègent, leurs femmes font de l’agro-tourisme