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Plage Palace…Fiat lux à la Costes

Le hall, grand espace vide ponctué de colonnes et dont quelques fils pendent du plafond, dispose comme seul mobilier du bureau de la réception. L’ensemble évoque un film d’Antonioni sur l’inexorable solitude humaine… L’impression devrait disparaître avec le début des travaux de la balnéo et du restaurant ainsi que du bar, prévus pour l’automne. 

Justement, la cuisine est installée dans l’une des deux paillotes de la plage privée. A l’ombre de parasols, on déjeune sur des tables plus basses que les fauteuils… La playlist savamment étudiée pour faire la synthèse entre les tympans des retraités et ceux des ados ne dissipe pas l’attention lors de lecture de la carte très costienne. Propositions déjà vues mais bienvenues car fraîches, comme ce thon cru-avocat ( 22 €) – généreux et savoureux – ou cette salade de boeuf thaï (race Aubrac) ( 22€) aux grains de soja bien croquants.

Salade de poulpe fèves et asperges ( 22€) ou pélardon (8€) rappellent les origines locales.  En dessert, la panna cotta à la mangue (8€) apporte un zeste de sensualité et fait oublier la trotteuse tandis que la brise marine caressante ne fait pas regretter le trajet depuis une agglomération Montpelliéraine parfois caniculaire. 

 

Pour les frères Costes et notamment Jean-Louis, propriétaire et fondateur de l’Hôtel Costes à Paris, habitué à fignoler le moindre détail, cette implantation sur le littoral héraultais de ce Plage Palace a dû s’apparenter à un calvaire. De quoi aller brûler 1000 cierges à Notre-Dame de la Maguelone.

Le Plage Palace aurait dû ouvrir en 2016. L’investissement initial étant estimé à 25 millions de travaux pour un établissement de 70 chambres. Mais c’était oublier les politicailleries locales et l’enchevêtrement des territoires sur ce littoral. Ainsi, la plage face au Palace dépendait de la commune voisine de Carnon et une concession de restaurant avait été attribuée à un autre particulier alors que la bâtiment était terminé. Pour les Costes, impossible d’envisager une exploitation de l’établissement sans la plage. Le bâtiment a, dit-on, failli se muer une résidence hôtelière. La concession tant espérée a finalement été attribuée aux Costes courant 2017. Tout cela explique l’actuelle ouverture un peu précipitée qui s’explique sans doute par la volonté de ne pas rater une saison de plus avec un hall dépourvu de bar, de restaurant et de balnéo. Mais les accouchements aux forceps ne font pas forcément des êtres malingres…