Le Marché des Pays de l’Aveyron de 2026 devrait être un très bon cru. Si l’on en juge par la jauge la plus tangible, celle des « aligots-saucisses » vendus. On évoque près de 11 000 parts. Presque 2000 de plus que l’année dernière. Il en va de même pour la soirée du samedi. L’After, organisé dans les Salons de l’Aveyron, a affiché complet avec 500 Aveyronnais de tous âges ayant fait la fête dans une ambiance d’une chaleur peu commune.

Côté retour des exposants, la synthèse est plus délicate compte tenu de la diversité des produits vendus, allant du farçou à 3,50 € au couteau Laguiole à 400 €. Certains ont pu avoir l’impression que les clients faisaient un peu plus attention à leurs porte-monnaies tandis que d’autres s’avouaient heureux de redescendre sinon à vide du moins plus légers au pays. Le fait est qu’en se basant sur une estimation très basse de 40 000 visiteurs sur 3 jours et d’un panier moyen de 100 €, cela donne un minimum de 4 millions d’euros que les producteurs ramènent en Aveyron. Pas mal en trois jours pour un département aussi peu peuplé. Et le tout, sans aucune subvention. Pour plus d’humilité, il ne faudrait pas oublier la météo, une fois de plus favorable comme les éditions précédentes.
C’est peut-être sur le plan humain que le bilan est le plus positif. Au fil des ans, ce marché de producteurs, unique à Paris, mute vers un événement culturel -presqu’un mini festival aveyronnais – avec ses bourrées, ses traditions et ses produits. D’ailleurs, il n’attire plus simplement des Parisiens, dont des Aveyronnais d’origine, mais aussi leurs « cousins » du Pays et d’autres provinciaux qui saisissent l’occasion d’un week-end à Paris pour découvrir en plein 12e arrondissement l’art de vivre à l’aveyronnaise dans une gaieté familiale mâtinée parfois d’une légère ivresse qui ne se finit jamais en « viande saoule » comme on peut parfois le voir au Salon de l’Agriculture. Aucune bagarre, aucun débordement, les policiers parisiens sont les premiers surpris.
Cette réussite est d’autant à saluer et à mettre au crédit des 80 bénévoles – dont beaucoup de jeunes « Oustaliens » (jeunes Aveyronnais logés à l’Oustal-NDLR). Ils n’ont pas été découragés par les nouvelles normes de la ville de Paris contenues dans la charte écoresponsable qui s’impose désormais aux événements sur l’espace public et qui a multiplié des contraintes -et les coûts- ces dernières années. Interdiction de rubalises, mise en place de fontaines à eau obligatoire, obligation de recourir à des contenants réutilisables et donc consignés avec obligation de lavage, mise en place des containers pour les déchets notamment organiques. Finalement, les gens ont apprécié de ne plus voir de sacs poubelles près des mange-debout.

Seul point d’amertume de ce marché, le thème de l’édition, dédié à l’agropastoralisme, qui n’aura pas aidé la candidature du sud Aveyron. Les métiers liés à la ganterie de Millau qui englobent l’élevage pastoral n’ont pas été retenus par le ministère de la Culture pour candidater à l’Unesco au titre du patrimoine immatériel.

Le Maire de Paris Emmanuel Gregoire qui s’était blessé à la main n’a pu assister à l’inauguration de samedi, remplacé par deux élus du 12e, Lucie Castets, maire du 12e et Richard Bouigue, adjoint au Maire de Paris d’origine sud-aveyronnais. Emmanuel Gregoire s’est rattrapé le lendemain en parcourant en famille les allées du marché.

La Légion Etrangère à Bercy !
Même les anciens du “Gardarem lo Larzac” qui ont combattu dans les années 70 contre l’extension du camp militaire n’ont manifesté aucun amertume face à la présence d’un stand de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (13e DBLE). Au contraire, le stand des militaires est apparu comme un témoignage d’un élément fort de l’économie du sud Aveyron avec son camp sur le Larzac.. Reste à savoir si les légionnaires ont réussi à enrôler des candidats ?



