Environment

Porcherie de Causse-et-Diège, l’épée de Damoclès du patron de “Nutergia”

Le projet d’extension de la porcherie de Causse-et-Diège pourrait bien provoquer un mini-séisme ouest-aveyronnais si Antoine Lagarde, Pdg du laboratoire capdenacois “Nutergia”, met sa menace à exécution. Celle de ne plus envisager de futur dans l’Aveyron à commencer par la suppression de son projet de Campus. Un petit séisme pour l’économie locale, sans parler des dégâts en termes d’images pour le département.«Si l’Aveyron nous tourne le dos, on prendra nos dispositions » explique-t-il. Rappelons que le laboratoire “Nutergia” est spécialisé dans les compléments alimentaires naturels. Il emploie une centaine de personnes en Aveyron et projette depuis longtemps d’implanter un nouveau site à Causse-et-Diège, tout proche de la porcherie en voie d’extension.

Tentant de ménager la chèvre et le chou, le Coderst (conseil départemental de l’environnement et des risques technologiques) a rendu le 1er mars un avis favorable réduisant le projet à la baisse pour tenir compte du risque d’atteinte à la grotte préhistorique de Foissac. L’arrêté préfectoral a autorisé l’extension de la porcherie dans ces conditions tout en négligeant les conditions agroécologiques abordées par le Coderst. Car Antoine Lagarde (ci-contre) avait proposé d’assister les propriétaires de la porcherie dans le passage au bio de l’exploitation. Mais sa proposition n’a pas rencontré d’écho favorable. Le président de la Chambre d’agriculture n’a pas suivi sur cette voie du bio qu’il considère globalement comme un phénomène anecdotique (lire notre interview de 2010). Jacques Molières a proposé d’orienter l’exploitation vers un label “porc de montagne” moins exigeant. Insuffisant pour Antoine Lagarde qui, fin mai, a décidé de se faire entendre à nouveau. Il prendra sa décision sur la réalisation de son campus d’ici juillet 2013 et à plus long terme sur l’avenir de son entreprise en Aveyron e t… en Midi-Pyrénées. Façon de mettre la pression sur le plus grand nombre d’élus.

Cette affaire illustre aussi la face cachée de certaines pratiques dans ce petit pays d’Aveyron. La force des réseaux, des habitudes, des décisions prises pour ne pas déplaire et du donnant-donnant. Pour Antoine Lagarde et d’autres chefs d’entreprises aveyronnaises, c’est le mauvais côté du conservatisme qui s’exprime ici. Sans oublier évidemment une agriculture qui peine à sortir du modèle productiviste dont le porc est l’un des symboles majeurs. De fait, la FDSEA aveyronnaise a fait de ce dossier un symbole. A ses yeux, il n’est pas question que ce projet soit, comme d’autres, remis en cause. Et de défendre le développement d’une filière porcine avec en premier lieu l’abattoir de Capdenac capable de répondre à une demande de cochons croissante notamment du fait de la création récente de l’IGP Porc du Sud-Ouest.